Commander n'est pas remplir un rayon : c'est décider aujourd'hui de ce que le magasin pourra vendre demain, et de ce qu'il devra financer.
- La vente perdue ne se rattrape pas : le client achète ailleurs, ou n'achète pas.
- Il peut renoncer à tout son panier pour un seul produit absent.
- Le rayon troué donne l'image d'un magasin mal tenu.
- Les ventes non réalisées n'apparaissent nulle part dans l'historique : la rupture d'aujourd'hui prépare la sous-commande de demain.
- L'argent est immobilisé dans de la marchandise qui dort.
- La réserve se remplit, les palettes gênent la circulation et le travail ralentit.
- Les produits fragiles sont démarqués, voire détruits.
- Le trop-plein d'un produit fabrique la rupture d'un autre : la place, elle, ne se multiplie pas.
Les sorties des périodes précédentes. Elles disent ce qui se vend et à quel rythme, et servent de point de départ. Elles ne disent rien de ce qui va changer.
La saison, la météo, une promotion annoncée, un événement local, un jour férié. C'est cette prévision, et non la vente déjà réalisée, qui doit servir de base à la commande.
Le stock du rayon, celui de la réserve, et ce qui est déjà commandé mais pas encore arrivé. Commander sans regarder ce qui est déjà en route revient à commander deux fois.
| Terme | Ce que c'est | Au Comptoir des Halles |
|---|---|---|
| UVC | L'unité de vente consommateur : ce que le client prend et ce que la caisse scanne. C'est elle qui porte le code-barres. | Une bouteille d'eau de 50 cl |
| PCB | Le « par combien » : le nombre d'UVC dans un colis. Le fournisseur ne livre que des colis complets. | 12 bouteilles par colis |
| Support | La palette ou le roll sur lequel les colis voyagent. | Une palette de 100 colis |
- La commande porte sur une quantité en kilogrammes ou en litres, pas sur des UVC.
- À la réception, le produit se pèse : c'est le poids contrôlé, et non le poids annoncé, qui sert au règlement.
- Un écart de poids se traite exactement comme un colis manquant.
Votre rôle. Commander, c'est arbitrer en permanence entre le risque de manquer et le coût de trop détenir. Ce n'est pas un geste administratif : c'est une décision commerciale, et elle engage la trésorerie du magasin.
Vous relevez, vous calculez, vous saisissez. C'est lent, mais vous voyez chaque ligne passer, et rien ne part sans que vous l'ayez regardé.
Le logiciel calcule une proposition à partir des ventes enregistrées, du stock théorique et des paramètres que l'on a réglés. Il reproduit le passé — et il se trompe dès que le stock théorique est faux.
| Circuit | Ce qu'il change pour vous |
|---|---|
| Centralisée | La centrale négocie et commande pour l'ensemble du réseau. Les prix et les conditions sont meilleurs, la réactivité est plus faible. |
| Directe | Le magasin commande lui-même à un fournisseur local. La réactivité est forte, le volume négocié est faible. |
| Transfert entre magasins | Un magasin voisin dépanne. Cela sauve une journée — cela ne remplace jamais une commande mal anticipée. |
| Message | Qui l'envoie | Ce qu'il dit |
|---|---|---|
| ORDERS | le magasin | Le bon de commande. Purchase order. Ce que vous demandez. |
| ORDRSP | le fournisseur | L'accusé de réception de commande. Order response. Le fournisseur répond à la commande : il confirme ce qu'il pourra livrer, et signale les manquants. |
| DESADV | le fournisseur | L'avis d'expédition. Despatch advice. Ce qui est parti, et quand. |
| RECADV | le magasin | L'accusé de réception de marchandise. Receiving advice. Le magasin répond à la livraison : il renvoie ce qu'il a réellement reçu, et signale les écarts constatés. Ne le confondez pas avec ORDRSP, qui répondait à la commande. |
| INVOIC | le fournisseur | La facture. Ce qu'il faut payer. |
| Date fixe | Date variable | |
|---|---|---|
| Quantité fixe | Réapprovisionnement par programme on reçoit toujours la même chose au même moment |
Le point de commande on commande toujours la même quantité, quand le seuil est franchi |
| Quantité variable | Le recomplètement périodique la méthode la plus répandue en magasin |
Réapprovisionnement à la demande on commande quand le besoin apparaît, et ce qu'il faut |
À chaque passage, vous remontez le stock jusqu'à une cible : le stock maximum. La quantité change à chaque fois, la date jamais.
On commande dès que le stock de position — ce qui est en rayon et en réserve, plus ce qui est déjà commandé — passe sous un seuil, le stock d'alerte.
- Ce seuil combine les ventes moyennes, le délai du fournisseur, le délai de traitement interne et le stock de sécurité.
- Le risque : ne pas voir passer le seuil. Sans suivi, l'alerte ne sert à rien.
Le cadencier n'est pas un état de stock : c'est un outil de décision. Chaque ligne part de ce que vous détenez, la confronte à ce que vous prévoyez de vendre, et se termine par une quantité que vous assumez.
| Col. | Intitulé | Provenance |
|---|---|---|
| A | Référence | le fichier articles |
| B | PCB | la fiche fournisseur |
| C | Stock initial | le dernier inventaire ou le relevé |
| D | Réceptions | les bons de réception de la période |
| E | Casse | les démarques enregistrées |
| F | Ventes écoulées | les sorties caisse |
| G | Ventes prévues | votre prévision, sur la période à couvrir |
| H | Stock de sécurité | le paramètre du rayon |
| I | Quantité restante | calculée — étape 1 |
| J | Besoin de commande | calculée — étape 2 |
| K | Commande calculée | calculée — étape 3 |
| L | Commande retenue | votre décision — en colis entiers |
| M | Stock final projeté | votre contrôle |
| N | Commentaire | pourquoi vous avez retenu ce nombre |
Vinaigre 75 cl : 18 + 0 − 21 − 1 = −4, donc 0.
Bière blonde 33 cl : 30 + 3 − 42 = −9, donc 0 : le rayon détient 9 unités de plus que sa cible.
| Référence | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Soda 1,5 L | 6 | 34 | 12 | 2 | 28 | 40 | 4 | 16 | 28 | 4,67 | 5 | 6 |
| Chips 150 g | 10 | 49 | 0 | 2 | 33 | 40 | 4 | 14 | 30 | 3 | 3 | 4 |
| Yaourt nature × 4 | 6 | 48 | 84 | 0 | 84 | 120 | 12 | 48 | 84 | 14 | 14 | 12 |
| Bière blonde 33 cl | 12 | 60 | 0 | 0 | 18 | 30 | 3 | 42 | 0 | 0 | 0 | 12 |
| Vinaigre 75 cl | 6 | 18 | 0 | 1 | 21 | 30 | 3 | 0 | 33 | 5,5 | 6 | 6 |
| Colonne | Option 1 — sans fonction (acceptée) | Option 2 — avec fonctions (encouragée) |
|---|---|---|
| I · Quantité restante | =C2+D2-F2-E2 | =MAX(0;C2+D2-F2-E2) |
| J · Besoin | =G2+H2-I2 | =MAX(0;G2+H2-I2) |
| K · Commande calculée | =J2/B2 | =J2/B2 |
| L · Commande retenue | le colis supérieur, saisi à la main | =ARRONDI.SUP(K2;0) |
| M · Stock final projeté | =I2+(L2*B2)-G2 | =I2+(L2*B2)-G2 |
| N · Commentaire | Pourquoi vous avez retenu ce nombre de colis. Une phrase suffit : « 5 car on arrondit au supérieur 4,67 ». | |
1. Si la quantité restante est négative, vous la remplacez par 0 dans la formule : =( (G2+H2) - 0 ) / B2. Sans ce zéro vous commandez un colis de trop, et la formule est comptée fausse.
2. La division rend un décimal : vous retenez le colis supérieur et vous écrivez pourquoi dans la colonne Commentaire.
| Référence | Ce que le calcul brut donne | Ce que vous écrivez | Commande |
|---|---|---|---|
| Jus d'orange 1 L | Quantité restante = 104 + 0 − 105 − 3 = −4 | =( (150+15) - 0 ) / 6 → 27,5 | 28 colis |
| Pâtes 500 g | Besoin = 50 + 5 − 61 = −6 | un besoin négatif se ramène à 0 : le rayon est déjà au-dessus de sa cible | 0 colis |
| Lessive 2 L | Besoin = 18, PCB 4, soit 4,5 | la division ne tombe pas juste : on monte au colis entier | 5 colis |
- La saison et la météo : une semaine de canicule annoncée ne figure dans aucun historique.
- Une promotion annoncée : le prospectus part avant que la vente n'ait eu lieu.
- Un événement local : une fête, un marché, un chantier, une fermeture de rue.
- L'état du fournisseur : une rupture annoncée en amont change la quantité à sécuriser.
La correction se justifie toujours, elle ne s'improvise jamais. Modifier la quantité proposée par le cadencier est non seulement autorisé, mais attendu du manager — à condition de pouvoir expliquer pourquoi, et de l'écrire dans la colonne Commentaire.
Une réception maîtrisée se prépare avant l'arrivée du camion. Une réception bâclée se paie plus tard : aucune réserve n'a été écrite, le délai légal s'écoule, puis s'éteint, et la perte reste au magasin.
| Ce que disent les chiffres | |
|---|---|
| 98 % | des maladies professionnelles reconnues dans le commerce sont des troubles musculo-squelettiques |
| 1,5 million | de journées de travail perdues chaque année |
| 48 % | des arrêts pour mal de dos sont dus au port ou au transport de charges |
| Limite | Valeur | Référence |
|---|---|---|
| Charge unitaire acceptable | 15 kg | NF X35-109 |
| Charge unitaire maximale, sous conditions | 25 kg | NF X35-109 |
| Tonnage journalier acceptable | 7,5 t | NF X35-109 |
| Tonnage journalier sous conditions | 12 t | NF X35-109 |
| Limite réglementaire de port | 55 kg | R4541-9 |
| Plafond absolu, jamais dépassable | 105 kg | R4541-9 |
| Port de charges par une femme | 25 kg · 40 kg avec brouette | code du travail |
La première règle n'est pas le poids, c'est de ne pas porter. L'employeur doit prendre les mesures d'organisation et mettre à disposition les équipements mécaniques qui évitent le port manuel — article R4541-3. Le poids n'intervient qu'ensuite, quand le port n'a pas pu être évité.
- Chaussures de sécurité : chute d'un colis, roues du transpalette. Elles se portent dès l'ouverture du quai.
- Gants de manutention : cerclages, agrafes, cartons humides.
- Transpalette, diable et chariot : ils ne servent que s'ils sont disponibles et en état.
- On soulève avec les jambes en pliant les genoux, dos droit, la charge tenue près du corps plutôt qu'à bout de bras.
- On évite de tourner le buste en portant : on déplace les pieds pour changer de direction.
- On fractionne les charges lourdes plutôt que de faire un seul voyage, et on demande de l'aide sans attendre d'avoir mal.
- Le quai est dégagé avant l'arrivée du camion.
- Les produits lourds sont stockés entre les hanches et les épaules, jamais au sol ni en hauteur.
- La livraison est répartie entre plusieurs personnes plutôt que confiée à une seule, et les pauses sont prévues dans l'organisation.
Ces règles font partie du travail, elles ne s'ajoutent pas au travail. Un salarié qui prend trois minutes de plus pour aller chercher le transpalette ne perd pas de temps : il évite un arrêt de travail de plusieurs semaines. Et le manager donne l'exemple — une consigne que l'on ne s'applique pas à soi-même ne s'applique à personne.
- On compte les colis, référence par référence, et on compare au bon de livraison et au double du bon de commande.
- Une palette filmée s'ouvre en présence du chauffeur : une fois le film coupé après son départ, plus personne ne peut dire ce qu'elle contenait.
- Le vrac se pèse : c'est le poids contrôlé qui sert au règlement.
- L'état des emballages : colis écrasés, cartons humides, traces de coulure.
- La température des produits frais et surgelés, relevée à la sonde.
- Les dates : une date trop courte pour la rotation du rayon est une anomalie, même si le produit est parfaitement conforme.
Un produit frais livré trop chaud ne se rattrape pas : le froid perdu ne se rend pas, et la responsabilité du magasin commence à la signature.
| Famille | Température | Ce que cela impose |
|---|---|---|
| Poissons, crustacés et mollusques autres que vivants | 0 °C à + 2 °C | Ils se contrôlent en premier et rejoignent le froid aussitôt. |
| Viandes hachées | + 2 °C au maximum | Ce sont les produits les plus fragiles du camion. |
| Viandes, préparations de viandes, charcuteries, pâtisseries à la crème | + 4 °C au maximum | Toute valeur plus élevée s'écrit sur le bon de livraison. |
| Produits laitiers frais, desserts lactés, beurres et matières grasses | + 8 °C au maximum | La sonde se place entre deux produits, jamais dans l'air. |
| Tout aliment surgelé, glaces, crèmes glacées et sorbets | − 18 °C | Un produit décongelé ne se recongèle jamais : il est retiré. |
Sources : DGCCRF · arrêté du 21 décembre 2009 · règlement (CE) 853/2004.
Votre rôle. Le manager refuse une livraison hors température plutôt que de l'accepter « pour dépanner » : c'est le magasin, et non le transporteur, que le client mettra en cause.
| Date | Mention | Après la date |
|---|---|---|
| 🚫 DLC | « à consommer jusqu'au » produits très périssables |
Sa commercialisation est interdite. Le produit est retiré de la vente, sans exception. |
| 📉 DDM | « à consommer de préférence avant » épicerie, conserves, produits secs |
Le produit reste vendable : la qualité peut baisser, pas la sécurité. L'usage est de l'annoncer clairement au client. |
Le vrac arrive dans un emballage que le client ne verra jamais : toutes les informations portées par cet emballage doivent être récupérées avant qu'il ne soit jeté.
L'étiquette porte la dénomination, le numéro de lot, l'origine et la date. Elle disparaît dès que le produit est versé dans le silo ou dans le bac de présentation.
- Vous conservez l'étiquette d'origine, ou vous en recopiez les mentions sur une fiche de lot, classée avec le bon de livraison.
- C'est ce document qui permettra, en cas de rappel, de dire quel lot a été mis en vente et à quelle date.
Elle reprend la dénomination du produit, son prix, son origine lorsqu'elle est obligatoire, et la liste des allergènes.
Le magasin
écrit le bon de commande et le bon de réception.
Le fournisseur
écrit le bon de livraison et la facture.
Le transporteur
écrit la lettre de voiture.
- Qui l'écrit. Le magasin l'établit lui-même au moment de passer la commande. Il porte un numéro qui servira de référence dans tous les échanges avec le fournisseur, jusqu'au paiement de la facture.
- Ce qu'il contient. Les coordonnées des deux parties, la date de commande et la date de livraison souhaitée, la liste des références avec la quantité, le conditionnement et le prix d'achat convenu.
- Ce qu'il engage. Une fois accepté par le fournisseur, il vaut contrat. C'est lui qui sert de référence pour dire qu'une livraison est incomplète, en retard, ou facturée au mauvais prix.
- Le nom du fournisseur, la date d'expédition et le numéro de commande.
- Les références, les quantités annoncées et le nombre de colis remis au transporteur.
- Signé sans observation, il vaut acceptation de la marchandise telle qu'elle est décrite.
- Un exemplaire reste au magasin.
- Il ne prouve pas que la marchandise est arrivée : il annonce seulement ce qui est parti.
- Il ne dit rien de l'état des produits, de leur température ni de leurs dates de consommation.
- Il ne vous protège en rien si vous le signez sans compter : la signature couvre alors ce que vous n'avez pas vu.
- Une mention ajoutée après le départ du livreur ne vaut rien : elle n'a été vérifiée par personne.
Signer, c'est reconnaître. Tant que vous n'avez pas signé, vous discutez ; une fois que vous avez signé sans observation, vous réclamez. Le manager ne signe jamais un bon de livraison pour aller plus vite : il signe après avoir compté, ou il signe en portant ses observations.
| Partie | Qui c'est | Ce qu'elle fait |
|---|---|---|
| L'expéditeur | le fournisseur ou la plateforme régionale | Il remet la marchandise au transporteur et déclare ce qu'il lui confie. |
| Le transporteur | l'entreprise de transport, ou le chauffeur | Il prend en charge la marchandise, la conduit, et répond des dommages survenus pendant le trajet. |
| Le destinataire | le magasin, représenté par le manager | Il reçoit la marchandise, la contrôle, et écrit ses observations sur la lettre de voiture. |
- Un colis écrasé pendant le trajet engage le transporteur, pas le fournisseur.
- C'est sur elle que s'écrivent les réserves lorsque le livreur n'appartient pas à l'entreprise qui vend la marchandise.
- La réception de la marchandise fait courir le délai très court pendant lequel le magasin peut encore contester l'état de la livraison.
- Passé ce délai, l'action contre le transporteur est éteinte, même si le dommage est réel et parfaitement visible.
C'est le seul document de la chaîne qui décrive ce qui est réellement entré dans le magasin. Il se remplit pendant le contrôle, jamais de mémoire le soir.
| Rubrique | Pourquoi elle y figure |
|---|---|
| La date et l'heure | Elles feront foi pour le calcul des délais de réclamation. |
| Les références du fournisseur | Le numéro du bon de livraison et celui du bon de commande. |
| Les quantités reçues | Les colis réellement comptés, référence par référence, et non le nombre annoncé. |
| Les anomalies constatées | Manquants, produits abîmés, températures hors limite, dates trop courtes. |
| L'identité du réceptionnaire | Afin que l'on sache à qui poser la question. |
Un numéro unique, tiré d'une numérotation continue, et le numéro du bon de commande — c'est lui qui permet le rapprochement.
Dénomination, quantité, prix unitaire hors taxes, réductions acquises, taux de taxe, total hors taxes, montant de la taxe et somme à payer.
Date de règlement, conditions d'escompte, taux des pénalités de retard, et indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement.
Sources : article L441-9 du code de commerce · economie.gouv.fr · BOFiP-Impôts (DGFiP).
- Elle est précise : nature du défaut, référence concernée, nombre exact d'unités ou de colis.
- Elle est écrite sur le document du transporteur, ou à défaut sur le bon de livraison.
- Elle est écrite au moment même, avant le départ du camion.
- Elle est contresignée par le chauffeur.
- « Sous réserve de déballage » : formule générale, elle ne décrit aucun défaut constaté.
- Une mention ajoutée après le départ du chauffeur : personne ne l'a vérifiée.
- Une réserve orale : elle n'existe pas.
On refuse ce qui n'est pas conforme et on le laisse au transporteur. Un refus partiel se note colis par colis : le reste de la livraison est accepté normalement.
La marchandise litigieuse est mise à part, identifiée, et ne part ni en rayon ni en stock. Ce qui a été rangé est réputé accepté.
La réserve ouvre le droit ; elle ne règle rien à elle seule. Il faut demander l'avoir ou le remplacement, puis vérifier qu'il arrive.
Un avoir demandé mais jamais reçu coûte exactement aussi cher qu'un avoir jamais demandé. Le suivi fait partie de la réception.
| Zone | La règle |
|---|---|
| Une place fixe par famille | Chaque famille de produits a un emplacement identifié. On ne cherche pas, on va. Une place variable finit toujours en double stock oublié. |
| Le stockage sec | Rien à même le sol, et des allées assez larges pour circuler avec un transpalette sans déplacer trois palettes d'abord. |
| Les enceintes froides | Thermomètre visible, relevé écrit chaque jour et archivé. C'est la seule pièce qui prouve, après coup, que le froid a bien été tenu. |
| La zone des produits en attente | Litiges, retours, marchandise à contrôler : à part, identifiée, et jamais mélangée au stock vendable. |
| Les produits non alimentaires | Lessives, produits d'entretien, biocides : à l'écart des denrées, et jamais au-dessus d'elles. |
- Silos, pelles, pinces et sachets doivent être aptes au contact alimentaire, et le fournisseur en remet une déclaration de conformité.
- Le plan de nettoyage est écrit, daté et signé. Pour un contrôleur, un nettoyage non tracé équivaut à un nettoyage non fait.
Le client peut apporter son propre contenant, à condition qu'il soit propre et adapté. La tare se pèse avant le remplissage : sans cela, le client paie le poids de son bocal.
On sort ce qui est arrivé le premier. Concrètement, la marchandise qui vient d'arriver se range derrière celle qui est déjà là.
On sort ce qui périme le premier. Une livraison récente peut très bien porter une date plus courte que le stock déjà présent : le rangement se fait donc date en main, et non carton par carton.
| Exigence | Ce que cela veut dire |
|---|---|
| Un rayon plein | Un linéaire troué ne se vend pas, et il donne à penser que le magasin est mal approvisionné. |
| Un rayon propre | Facing rangé, étiquettes lisibles, produits abîmés retirés. |
| Un prix juste | Le prix affiché engage le magasin : c'est celui qui doit être encaissé. Les produits préemballés portent le prix total et le prix au kilogramme ou au litre. |
| Des dates contrôlées | Le contrôle des dates en rayon fait partie de la tenue quotidienne, pas du grand ménage du mois. |
Les commerces de détail alimentaires de plus de 400 m² doivent proposer une convention de don à une association habilitée. La convention est écrite, et les dons laissent une trace.
Il est interdit de rendre impropres à la consommation des denrées alimentaires encore consommables, par exemple en les javellisant. La loi AGEC du 10 février 2020 a étendu le principe aux produits non alimentaires invendus.
Tout producteur de biodéchets, quelle que soit la quantité produite, doit les trier à la source et les orienter vers une valorisation.
| № | Le point | Ce qu'il recouvre |
|---|---|---|
| 1 | Commander est une décision commerciale | Ce n'est pas remplir un rayon : c'est arbitrer entre le risque de manquer et le coût de trop détenir, et cela engage la trésorerie. |
| 2 | Quatre méthodes, deux qui dominent | Date fixe ou variable, quantité fixe ou variable. En magasin, le recomplètement périodique et le point de commande. |
| 3 | Le cadencier se relit sans explication | Quantité restante, besoin, commande, contrôle. Chaque colonne dit d'où vient son nombre. |
| 4 | Le besoin se commande en colis entiers | La division rend un décimal ; on retient le colis supérieur, et on écrit pourquoi. |
| 5 | Le calcul ignore ce que vous savez | Saison, promotion, événement local, état du fournisseur. La correction se justifie, elle ne s'improvise pas. |
| 6 | La signature engage le magasin | Tant que vous n'avez pas signé, vous discutez ; après, vous réclamez. |
| 7 | Trois jours pour confirmer une réserve | Jours fériés non compris, par lettre recommandée ou acte extrajudiciaire. Au-delà, l'action est éteinte. |
| 8 | Ranger obéit à des règles précises | Une place par famille, rien au sol, le froid relevé et archivé, PEPS ou FEFO selon les dates. |
| Terme | Définition courte |
|---|---|
| UVC | L'unité de vente consommateur : ce que le client prend, ce que la caisse scanne. |
| PCB | Le « par combien » : le nombre d'UVC dans un colis. |
| Quantité restante | Stock + réceptions − ventes écoulées − casse. Jamais négative. |
| Stock maximum | Ventes prévues + stock de sécurité. La cible que la commande vise. |
| Stock de sécurité | Le tampon d'aléa, prévu pour être consommé, donc reconstitué à chaque commande. |
| Besoin de commande | Stock maximum − quantité restante. Négatif, il signifie qu'on ne commande rien. |
| Stock de position | Ce qui est en rayon et en réserve, plus ce qui est déjà commandé. |
| Stock d'alerte | Le seuil qui déclenche une commande dans la méthode du point de commande. |
| Période à couvrir | Délai fournisseur + fréquence de livraison. Ici 3 + 7 = 10 jours. |
| Bon de livraison | Ce que le fournisseur annonce avoir expédié. Pas ce que vous avez reçu. |
| Bon de réception | Ce que vous avez réellement compté. Le seul document qui décrive le réel. |
| Lettre de voiture | Le document du transporteur. C'est sur elle que s'écrivent les réserves quand le livreur n'est pas le vendeur. |
| Rapprochement | Commande = livraison = réception = facture. Toute différence est un litige, et se traite avant le paiement. |
| Forclusion | L'extinction du droit d'agir passé le délai. Le recours n'est pas affaibli : il n'existe plus. |
| PEPS · FEFO | Premier entré premier sorti, quand les dates sont longues ; premier périmé premier sorti, quand elles sont courtes. |
| DLC · DDM | « À consommer jusqu'au » — vente interdite après. « À consommer de préférence avant » — vente possible après. |
▶ À vous de jouer. Les trois exercices qui suivent reprennent exactement les données du support : le cadencier de synthèse, les quatre situations, puis la réception et le stockage. Correction immédiate, autant de fois que vous le souhaitez.
Celui-ci ne se rend pas : il vous corrige pendant que vous le remplissez. La colonne Contrôle passe au vert quand la ligne entière est juste, au rouge en nommant la première étape à revoir.
Vous remplissez les cinq colonnes jaunes, de la quantité restante au stock final attendu. Les lettres B à M sont celles du cadencier du support : une formule recopiée des pages du cours fonctionne ici telle quelle.
Deux colonnes seulement. Les deux écritures enseignées sont acceptées ; celle qui laisse passer une quantité restante négative est comptée fausse, même quand le nombre de colis paraît plausible.